Huiles essentielles de lavande et lavandin : quelle situation économique et financière des exploitations ?

La filière étant confrontée depuis plusieurs années à une crise importante, France Agrimer a souhaité réaliser, fin 2024, un état des lieux complet. Cet état des lieux couvrait les thématiques de la production, des marchés ainsi qu’une synthèse de la situation économique et financière des exploitations. Les objectifs de cette étude étaient notamment d’identifier des axes de recherche, d’enjeux réglementaires, de dispositifs de soutiens publics…etc.

Notre CERFRANCE Dauphiné Provence a ainsi été sollicité par France Agrimer pour réaliser le volet économique de cette étude.

Pour cette étude, nous nous sommes appuyés sur les données comptables anonymisées de nos exploitations adhérentes. Les CERFRANCE AFGA et CERFRANCE Provence et Alpes Méditerranée étaient également partenaires en nous fournissant leurs données. L’association de nos 3 CERFRANCE permettait ainsi de couvrir le périmètre de zone de production historique de la lavande & lavandin.

À noter que pour cette étude, seule la commercialisation d’huiles essentielles a été retenue ; les utilisations ornementales des lavandes, fleurs et bouquets ou plantes en pot ne faisaient pas partie de cette analyse.

L’analyse a porté sur un échantillon constant de 58 exploitations, imposées au bénéfice réel agricole, et dont le taux de spécialisation lavandicole était d’au moins 30% (ratio CA huile essentielle / CA total de l’exploitation). Deux sous-échantillons ont ensuite été constitués :

– le premier avec une spécialisation comprise entre 30 et 75% (39 exploitations, dites « exploitations mixtes »)

– le second avec une spécialisation supérieure ou égale à 75% (19 exploitations, dites « exploitations spécialisées »).

L’exercice 2019 a été retenu en tant qu’exercice de référence historique, auquel ont été comparées les données des exercices 2022 et 2023, soit celles de deux années de crise avérée.

Plusieurs points marquants ont été mis en évidence par cette étude :

  • Avant la crise, chiffre d’affaires et EBE étaient plus élevés pour les exploitations spécialisées.
  • Avec la crise, ces 2 indicateurs économiques apparaissent fortement dégradés en 2022 et en 2023, quelle que soit la catégorie d’exploitation. Entre 2019 et 2022, le chiffre d’affaires lavandicole (hors subventions) diminue ainsi de 49% dans les exploitations spécialisées et de 42% dans les exploitations mixtes. L’aide d’urgence à la trésorerie lavandicole, versée courant octobre 2023, est perceptible dans les résultats des exploitations spécialisées de l’échantillon dont l’exercice comptable se clôturait le 31/12/2023.
  • Néanmoins, l’EBE de toutes les exploitations reste très dégradé tant en 2022 qu’en 2023, chutant de 64% dans les exploitations spécialisées sur la période observée (170 000€ en 2019 vs 62 000€ en 2023) et de 48% dans les exploitations mixtes (111 000€ en 2019 vs 58 000€ en 2023). Leur diversité de production apporte davantage de résilience aux exploitations mixtes en cette période de crise.
  • Le ratio annuités / EBE se détériore lui-aussi : alors que les annuités représentaient moins de 30% de l’EBE en 2019, en 2023 elles représentent plus de 50% de l’EBE.
  • Ces difficultés de rentabilité impactent la trésorerie des structures, dont le taux d’endettement moyen est en augmentation, particulièrement pour les exploitations spécialisées (46% en 2023 contre 31% avant crise).
  • Elles impactent également le revenu disponible/UTHF qui passe de 100 k€ en 2019 à 22 k€ en 2023 pour les exploitations spécialisées. Il atteint ce même niveau pour les exploitations mixtes en 2023 mais n’était que de 53 k€ avant crise.
  • Le bilan des exploitations est lui aussi dégradé, avec notamment une augmentation du poids des dettes : ces dernières représentaient 33% du bilan en 2019, contre 44% en 2023 pour les exploitations spécialisées. La part des dettes dans le bilan reste stable pour les exploitations mixtes.

Ainsi, la classification des exploitations de l’échantillon selon leur niveau de risque financier (méthode de calcul INRAE), démontre une fragilisation des exploitations, avec un risque financier accru :

Cette méthode mise au point par l’INRA pour estimer le risque financier des exploitations, prend en compte les 4 ratios suivants : dettes totales / total bilan.

Dettes CT / actif circulant

Frais financiers / produit brut

Revenu disponible / UTHF

 

Retrouvez l’étude complète de France Agrimer sur : Focus_Lavande_Lavandin_2023.pdf

Le volet économique de cette étude est quant-à lui disponible sur : Microsoft PowerPoint – Observatoire filière lavandicole_Vdef_nov2024.pptx

Par la suite, France Agrimer a également complété cette première étude par une analyse sur la « Faisabilité économique des reconversions dans les exploitations lavandicoles », dont la synthèse est disponible sur : Étude sur la « Faisabilité économique des reconversions dans les exploitations lavandicoles » | FranceAgriMer – établissement national des produits de l’agriculture et de la mer

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Céline CLAVEL

Conseillère Généraliste Cerfrance 

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