L’IA au service de la filière du bâtiment : au-delà de l’intelligence de la main !

L’ensemble de la filière du bâtiment est concerné par l’IA et le sera encore davantage dans les prochaines années. Citons quelques exemples typiques sur les métiers de la construction et du gros œuvre allant de l’identification des appels à projets à la construction en passant par la conception, la sécurité ou encore la durabilité des bâtiments. L’exploitation des datas renforcée par l’IA pourrait étonner dans un secteur en grande mutation et enclin à la transformation numérique.

L’IA apporte des services à différentes étapes d’un projet de bâtiment

L’IA au service du pré-chantier et des tâches administratives

Les bureaux d’études sont, depuis quelques années, directement impactés par l’IA. Le partage de données (géoarchitecture, BIM) améliore leur efficacité et augmente la rapidité d’exécution du projet. Mais une première question se profile assez vite : comment construire demain avec l’IA générative sans perdre en créativité ?

Pour la conception d’appels d’offres, l’IA offre la possibilité de se faire assister pour la génération de CCTP* et de DCE** avec des outils tel que AGLO-GPT 

Avant même de débuter un chantier, de nombreuses taches techniques et/ou administratives sont à accomplir.

Altenders identifie et classifie automatiquement les exigences des appels d’offres, et détecte les risques et les opportunités pour l’entreprise.

L’utilisation de l’IA permet, par ailleurs, d’explorer toutes les variations d’une solution et de générer des conceptions alternatives à l’image de Graphisoft pour les architectes, ou encore d’extraire directement, à partir de plans des quantités de matériaux nécessaires pour réaliser les chantiers tel que le propose UsmBIM.Plan AI.

Une fois différentes solutions techniques envi- sagées, lorsqu’il s’agit de chiffrer les propositions pour le client, l’IA peut également aider à analyser les achats afin d’optimiser la marge commerciale. C’est ce que propose par exemple IA BTP

Par ailleurs, Body, le premier assistant intelligentspécialement conçu pour les artisans du bâtiment, révolutionne la manière dont les devis sont créés. Il suffit de dicter vos devis à voix haute, et Boby génère automatiquement les documents.

Les applications citées ci-dessus concernent la partie du travail « de bureau » des artisans du bâtiment pour autant l’IA a également des applications pour la partie « terrain ».

L’IA dans la phase chantier

Une fois que le devis a été accepté par le client, la phase chantier peut débuter.

La thématique de la sécurité sur les chantiers peut être abordée au travers d’outils utilisant l’IA. En effet, l’utilisation de capteurs installés sur les machines et équipements permet d’analyser les données en temps réel et de prévenir de dangers potentiels. Par exemple, SecuriSPOT déclenche une alerte lorsque la présence d’un homme à terre est détectée, ou lorsque les équipements de protection indivi- duelle (EPI) ne sont pas portés et VisionTEA permet de diagnostiquer les risques posturaux en temps réel.

La phase de chantier reste fortement marquée par le travail manuel et il y a fort à penser que des outils utilisant l’IA pourront apporter des progrès notamment en termes de pénibilité, mais, à ce jour, les outils ne sont pas encore sur le marché.

Sur la partie administrative liée au chantier, le système Beesy automatise la création des comptes rendus de chantier: un plan d’action détaillé et automatisé sur les actions, les besoins et le planning est alors généré et envoyé à l’équipe et aux sous-traitants par l’assistant Beesy. Cette automatisation permet de gagner du temps et d’optimiser la coordination.

lettre-veille-eco-acs-n-31-web-66fa6dfe39114105966891 (1)

L’IA dans la phase maintenance

La maintenance prédictive est une approche basée sur l’analyse des données et des signaux précurseurs de défaillance pour prédire quand un équipement est susceptible de tomber en panne.

Avec plus de 20 % des émissions de gaz à effet de serre et 40 % des consommations éner- gétiques annuelles françaises, le secteur du bâtiment doit envisager une accélération de l’effort de décarbonation. Le plan « France 2030 » accorde une attention particulière au sujet du développement de la compétitivité technologique d’avenir et des actions de décar- bonation. C’est peut-être bien cette conver- gence qui va permettre d’accélérer réellement l’utilisation de l’IA dans le secteur du bâtiment.

Cela pourra prendre la forme d’opportunités de développement de chiffre d’affaires par gain de temps ou même directement par la vente d’accessoires aux clients, utilisant l’IA tel que l’outil yord destiné à piloter le système de chauffage de façon optimale et de manière totalement autonome.

Cependant, cette évolution suscite également des défis tels que la disponibilité des données, la formation des salariés à l’utilisation de ces outils et la coordination entre les utilisateurs et les équipes sur le terrain, autant d’enjeux à considérer.

Au-delà de la transformation du secteur du bâtiment, il reste nécessaire d’adapter l’ensemble du système français à cet « outil » à travers une évolution de la législation.

La question de la responsabilité en cas de contentieux par exemple, notamment lorsqu’il s’agit d’expliquer les choix algorithmiques dans la conception ou la gestion d’un bâtiment, dépasse largement le cadre sectoriel.

Groupe de Veille économique ACS, Cerfrance 

Partagez cet article :

Facebook
Twitter
LinkedIn

Nous contacter

Nous vous contactons rapidement pour échanger sur vos projets
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.
  • Décrivez l'objet de votre demande

Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978 modifiée ainsi qu’au règlement général sur la protection des données (RGPD) applicable à partir du 25 mai 2018, vous bénéficiez d’un droit d’accès et de rectification aux informations qui vous concernent, que vous pouvez exercer par courrier en joignant un justificatif d’identité